Lutte contre la corruption en Afrique: Du bon et du moins bon

Lutte contre la corruption en Afrique: Du bon et du moins bon

Analyse régionale par Paul Banoba

La publication de la dernière édition de l’Indice de perception de la corruption (IPC) offre un bon point de repère pour situer les efforts de lutte contre la corruption que l’Union africaine (UA) poursuivra tout au long de 2018. L’UA a placé ses travaux pour l’année en cours sous le thème «  ». Cette initiative offre à l’Afrique une occasion opportune de dresser le bilan de ses efforts pour venir à bout de ce fléau.

Sous plusieurs aspects, l’IPC offre des motifs d’espoir accru pour l’avenir de l’Afrique. C’est ainsi que les transformations qui ont eu lieu au Rwanda et au Cap-Vert montrent qu’à la faveur d’un effort soutenu, il est possible de maîtriser la corruption. Les investissements que des pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal ont consentis dans ce domaine commencent à produire des fruits. Mais à l’extrémité inférieure de l’Indice, où l’on trouve des pays comme le Soudan du Sud et la Somalie, la lutte contre la corruption demeure une tâche herculéenne.

Des raisons d’espérer

Bien qu’elle soit la région la moins performante du monde, l’Afrique compte plusieurs pays qui ont régulièrement marqué des points contre la corruption. En fait, plusieurs pays d’Afrique enregistrent de meilleurs scores que certains pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Plus particulièrement, le Botswana, les Seychelles, le Cap-Vert, le Rwanda et la Namibie se situent en meilleure position à l’Indice que des pays de l’OCDE tels que l’Italie, la Grèce et la Hongrie. De plus, le Botswana et les Seychelles, avec les scores respectifs de 61 et 60, enregistrent de meilleurs résultats que l’Espagne, au score de 57.

Parmi les pays performants de l’Afrique, le premier facteur commun que l’on constate tient à l’existence d’un leadership politique résolu à endiguer la corruption. Bien que la plupart des pays du continent aient mis en place des lois et institutions de lutte contre la corruption, les pays les plus performants entreprennent des efforts particuliers pour en assurer la mise en œuvre.

Qu’il s’agisse de l’application rigoureuse par le président Paul Kagame d’un code du leadership au Rwanda, de la promotion de la transparence institutionnelle par le président Jorge Fonseca au Cap-Vert, ou de l’initiative innovante – «» –  lancée par le président Ian Khama au Botswana, ces différents pays ont tenu compte des mesures qui y étaient les plus à même de fonctionner et les ont appliquées avec détermination. Ces pays affichent les scores respectifs de 55, 55 et 61 à l’Indice de perception de la corruption.

Tout aussi positif est le dessein de Pravind Jugnauth, Premier ministre de Maurice, pays qui enregistre le score de 50, de s’embarquer dans un programme visant à au cours des 10 prochaines années.

Tendances encourageantes en Côte d’Ivoire et au Sénégal

La Côte d’Ivoire a nettement amélioré sa position à l’IPC, son score progressant de neuf points, soit de 27 à 36, entre 2013 et 2017. Dans un pays dont les communautés portent un lourd fardeau de corruption, le gouvernement peut se targuer d’avancées considérables dans l’allègement de ce problème. Pendant son premier mandat, le président Alassane Ouattara a rapidement donné suite de manière concrète aux promesses de sa campagne électorale en : 1) promulguant une loi sur la prévention et la répression de la corruption ; 2) instituant une autorité nationale de lutte contre la corruption et 3) veillant au respect de certaines initiatives internationales, telles que l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).

Au Sénégal, dont le score est passé de 36 à 45 en l’espace de 6 ans, la lutte contre la corruption s’est également renforcée. Peu après avoir endossé ses fonctions en 2012, le président Macky Sall a mis en place un ministère de la bonne Gouvernance et un Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC). Entre autres mesures, il a également réinstitué la Cour pour la répression de l’enrichissement illicite (CREI). Depuis lors, le gouvernement a fait le nécessaire pour faciliter le bon fonctionnement de ces institutions. 

De gros obstacles pour les moins performants

Malgré les progrès de la lutte contre la corruption dans certains pays, la situation continue de s’aggraver dans un petit nombre d’autres cas. Les pays situés au bas de l’Indice sont très souvent ceux en proie à des conflits. Y réduire la corruption présente donc des problèmes tout particuliers. La fragilité de leurs gouvernements ne rend que plus difficile l’introduction de changements significatifs. De plus, certains pays en mauvaise position à l’Indice sont menés par des leaders ayant brigué le pouvoir en s’appuyant sur des promesses de lutte contre la corruption sans cependant avoir donné suite à leur engagement d’offrir des services exempts de corruption à leurs citoyens. 

Ce scénario n’est que trop fréquent à travers le continent et affecte l’efficacité de toute action anticorruption. Par exemple, depuis 2012 le Libéria a baissé de 10 points à l’Indice de perception de la corruption. Dans sa dernière allocution sur l’état de la nation, l’ancienne présidente Sirleaf Johnson a reconnu que son administration . Son mandat a été terni par des accusations de népotisme, de conclusion de contrats illégaux et d’impunité pour des membres de son gouvernement.

Appel à l’action

Dans son espoir de gagner le combat contre la corruption, l’UA aura à exiger, dans ce domaine, des marques d’engagement sérieux de la part de tous les leaders du continent. En outre, l’UA devrait songer à investir dans des pays dont la lutte contre la corruption n’a dégagé que peu ou pas de progrès au fil des ans. De tels pays comprendraient le Malawi et la Guinée Bissau, dont la position à l’Indice continue de décliner, ainsi que des pays comme la Somalie et le Soudan du Sud, qui se trouvent tout au bas de l’Indice et se heurtent à de très graves problèmes de gouvernance.

Image: Flickr / erbeernaut

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